La médiatisation de la 15ème Conférence des parties l’an dernier à Copenhague a accru la difficulté déjà grande de trouver un accord. Inversement, le relatif anonymat et l’échec pressenti à Cancun seront peut-être les déclencheurs d’un accord satisfaisant.
Retour sur l’échec du COP15 à Copenhague
Malgré certaines réalisations comme le fonds vert, accueilli avec optimisme par Isabelle Durant, la conférence de Copenhague n’a pas eu les retombées annoncées. Vu comme un échec pour l’Union européenne, la conférence de Cancun représente dans ce contexte une opportunité pour l’UE de réaffirmer son leadership dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, là encore certaines contradictions rendent l’attente délicate.
L’incapacité de l’Union à parler d’une seule voix est encore très probable, puisque la tête de la délégation européenne n’a aucun pouvoir contraignant sur l’expression des Etats membres. De plus, les contradictions entre institutions mettent la délégation dans une position délicate alors que l’Union est un confetti sur la carte du monde, qui doit se montrer uni pour peser sur les débats. Ainsi, une résolution ambitieuse du Parlement européen pour réduire les émissions de gaz à effet de serre non pas de 20 mais de 30% n’a pas reçu le soutien de la commission qui considère cela comme irréalisable.
Vice-présidente du PE issue des Verts, et optimiste sur Cancun !
Une position forte de l’UE sur un accord global semble improbable mais Cancun pourrait aboutir à un accord fonctionnel et opérationnel, comme souligné par Isabelle Durant. Un tel accord contraignant sur des éléments clés comme la déforestation ou l’agriculture durable serait satisfaisant. Mais pour aboutir, il faut que les pays développés et l’UE en tête montrent leur soutien à la facilitation de la transition écologique des pays en voie de développement, élément nécessaire pour rendre l’accord acceptable par ces derniers.
« La conférence de Cancun ne doit pas être vue comme une fin mais comme un élément s’inscrivant dans la promotion d’une nouvelle gouvernance climatique »
Le sommet de Cancun n’est qu’une étape dans la lutte de déjà deux décennies contre le changement climatique, et la médiatisation du COP 15 aura, avec chance, été le détonateur d’une prise de conscience par les dirigeants mondiaux de l’urgence de la situation. L’échéance symbolique de 2012 avec la conférence de Rio sera importante, 20 ans après le Sommet de la Terre. Un accord fonctionnel a des chances d’être trouvé au Mexique pour certains éléments clés. Il sera essentiel pour réaliser la nécessité d’une action mondiale contre le changement climatique et à la conclusion d’un accord global, pourquoi pas dés Rio.
La conférence de Cancun ne doit pas être vue comme une fin mais comme un élément s’inscrivant dans la promotion d’une nouvelle gouvernance climatique. Cette nouvelle gouvernance suppose de repenser plus largement les structures politiques mais aussi économiques. Dans le contexte actuel, la consommation ne doit plus être considérée comme le facteur majeur du développement et de la croissance, et les indices de calcul doivent être revus. Cela ne peut passer que par un changement progressif des mentalités dans lequel l’accord sectoriel qui devrait être trouvé à Cancun a une place importante à jouer.
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