La JEF Europe et les JEFers soutiennent l’Université d’Europe centrale #IStandWithCEU

, par Ivan Nikolovski, Kristina Dimovska, Sanja Bogatinovska

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La JEF Europe et les JEFers soutiennent l'Université d'Europe centrale #IStandWithCEU
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Le 28 mars 2017, le gouvernement hongrois a proposé d’amender la loi CCIV de 2011 sur l’Enseignement supérieur national, visant par ce biais les universités étrangères et plus particulièrement l’Université d’Europe centrale (CEU), établissement universitaire anglophone de second cycle.

La loi a été adoptée par le Parlement hongrois le 4 avril, et le président János Áder l’a promulguée le 10 avril. Elle implique :

  • L’interdiction des activités de l’Université d’Europe centrale sous son nom actuel, sauf si le nom de son entité hongroise était modifié ;
  • Un contrôle imposé par le gouvernement hongrois des visas de travail pour les facultés non européennes ;
  • L’impossibilité pour la CEU de délivrer des diplômes américains à ses étudiants via son entité hongroise, même si la Hongrie et les États-Unis sont tous deux membres de l’OCDE ;
  • L’obligation d’ouvrir un campus dans l’État de New York, où la CEU est également accréditée en plus de son accréditation en Hongrie.

Avec ces amendements, la CEU ne pourrait au final plus fonctionner à Budapest en tant qu’établissement d’enseignement supérieur.

Qu’est-ce que l’Université d’Europe centrale (CEU) ?

La CEU a été fondée en 1991 avec pour mission initiale de promouvoir les valeurs de la démocratie et d’une société ouverte dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. La CEU est accréditée à la fois en Hongrie et aux Etats-Unis, et propose divers programmes de masters et doctorats dans le domaine des sciences sociales et des lettres. Avec plus de 1000 étudiants venant de plus de 100 pays différents, la CEU est l’une des universités les plus internationales et multiculturelles au monde, et elle est reconnue pour son excellence dans l’enseignement et la recherche. Cependant, la CEU a récemment été la cible d’attaques des médias hongrois pro-gouvernement à cause de ses liens avec Georges Soros, le célèbre philanthrope et magnat des affaires, fondateur et mécène de l’université.

Que se passe-t-il ?

Pour beaucoup, les attaques contre la CEU s’inscrivent simplement dans la continuité des attaques menées par le Premier ministre Viktor Orban (connu pour son euroscepticisme, sa violente rhétorique anti-réfugiés et sa promotion de la démocratie illibérale) contre les ONG financées par Soros. L’université fait valoir que ces amendements restreindraient sa capacité d’accréditer des étudiants à la fois en Hongrie et aux États-Unis, malgré la déclaration bilatérale de 2004 entre les autorités hongroises et l’État de New York, et la loi LXI adoptée en 2004 par le Parlement hongrois sur la reconnaissance par l’État hongrois de Közép-európai Egyetem (l’Université d’Europe Centrale). Par ailleurs, la loi pourrait forcer la CEU à changer son nom, déménager en dehors du pays et limiter l’embauche de professeurs non-européens qui auront besoin d’obtenir un visa de travail.

En réponse, le président et recteur de la CEU Michel Ignatief a déclaré que “tout changement législatif qui forcerait la CEU à cesser ses activités à Budapest porterait préjudice à la vie universitaire hongroise et aurait un impact négatif sur les relations du gouvernement hongrois avec ses voisins, ses partenaires européens et avec les Etats-Unis". Ignatief à demandé au gouvernement hongrois de négocier afin que les deux parties puissent trouver une solution commune qui permette à la CEU de rester à Budapest et de maintenir sa liberté académique, essentielle à son bon fonctionnement. Cependant, le gouvernement hongrois a demandé au Parlement d’adopter la loi via une procédure accélérée dès le 4 avril, au mépris du processus habituel de consultation ainsi que de la grande manifestation de soutien à la CEU qui a eu lieu le dimanche 1er avril. Le Parlement hongrois a finalement adopté la loi, par 123 voix contre 38.

Pourquoi est-ce important ?

La CEU a été conçue comme un bastion de la pensée libérale, un laboratoire de la démocratie. Plus de 25 ans après sa création, l’université continue d’offrir un espace pour débattre et encourager la liberté d’expression et l’esprit critique parmi les étudiants, dans toute leur diversité. Elle promeut le multiculturalisme et enseigne aux étudiants de respecter et chérir la diversité. L’établissement a accueilli des réfugiés et des demandeurs d’asile sans hésiter et leur a délivré des cours gratuits, au beau milieu de la crise des réfugiés en Europe. Il y existe un programme consacré au soutien des étudiants roms dans la poursuite de leurs objectifs académiques et professionnels. L’université promeut l’excellence académique à travers plus de 20 écoles, départements et centres de recherche. En d’autres termes, la CEU cultive un environnement où les valeurs démocratiques prospèrent et où le débat critique est encouragé, pour former de futurs leaders mondiaux :

"Un ancien étudiant est aujourd’hui Ministre de la protection de l’environnement en Géorgie, tandis qu’un autre conseille des représentants du gouvernement iraquien sur l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de politiques publiques, et aide à mettre en place les services correspondants dans les ministères et administrations de province. Une autre ancienne étudiante représente la Hongrie au Parlement européen et a été la première femme à y être élue. Les alumnis de la CEU vivent dans plus de 120 pays et sont parlementaires européens ou nationaux, ambassadeurs, fonctionnaires de l’ONU, experts en affaires internationales, économistes, décideurs politiques, dirigeants commerciaux, universitaires, spécialistes du droit international ou encore militants des droits de l’Homme."  [1]

Par conséquent, ces amendements à la loi sur l’Enseignement supérieur ne représentent pas seulement un attaque contre la CEU et une tentative de fermer l’université, mais sont une attaque directe contre une institution académique et contre la liberté et l’autonomie universitaire. Les amendements proposés par le Fidesz constituent une attaque contre la démocratie, les valeurs démocratiques et la liberté d’expression. Les efforts du gouvernement hongrois pour fermer l’une des meilleures universités d’Europe vont à l’encontre des valeurs démocratiques et européennes fondamentales et ne devraient pas se produire sous les yeux des institutions européennes. Dans deux lettres adressées au Commissaire européen Navracsics et au Président du Conseil européen Donald Tusk, la JEF Europe et l’AEGEE-Europe appellent à demander immédiatement au gouvernement hongrois de retirer les amendements et de consulter et négocier avec les universités touchées. En tant qu’étudiants, anciens étudiants ou membres de la JEF, nous appelons également d’autres institutions européennes à agir pour la préservation de l’intégrité et de l’autonomie universitaire.

Traduction par Loris Birkemeyer

Article original du New Federalist (article n° 8976) : https://www.thenewfederalist.eu/jef-europe-and-jefers-stand-with-the-central-european-university

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