La vaccination des mineurs en Europe : bonne ou mauvaise idée ?

, par Corentin Vinsonneau

La vaccination des mineurs en Europe : bonne ou mauvaise idée ?
(Source : EC)

A l’heure où le nombre de cas observés sur le continent européen diminue de façon continue, l’Union européenne et les Etats membre ont ouvert la voie à la vaccination des plus jeunes. A le voir au niveau international, la vaccination est largement effectuée aux Etats-Unis et au Canada pour les mineurs. L’Europe, via l’Agence européenne des médicaments (EMA), a approuvé l’utilisation du vaccin Pfizer pour les 12-15 ans avec une large étude pour évaluer l’efficacité du vaccin et son autorisation de mise sur le marché pour les mineurs. Les autres vaccins sont actuellement réservés aux adultes.

La mise en place de la vaccination aux mineurs

Afin de protéger toute la population européenne contre le virus de la Covid-19, les Etats membres ont établi un plan de vaccination pour les plus jeunes. Entre déconfinement et plan vaccinal, l’idée de protéger les jeunes est une question primordiale. Les dates de commencement du plan vaccinal des jeunes entre les Etats membres se suivent tout au long de l’été. La question du départ de l’âge à la vaccination a entretenu le débat. Les jeunes de moins de 11 ans contribuent peu, selon les scientifiques, à la propagation de l’épidémie. Pour garantir une protection effective de l’ensemble de la population, la vaccination doit cibler les grands adolescents entre 12 et 17 ans. L’EMA a approuvé fin mai l’utilisation du vaccin Pfizer pour la tranche d’âge des 12-15 ans, devenant ainsi le premier vaccin autorisée au sein de l’Europe. Les autres vaccins doivent être autorisés par la suite par l’Agence européenne (le laboratoire Moderna a déposé une demande d’autorisation) même si certaines craintes demeurent pour le vaccin d’AstraZeneca. Marco Cavaleri, haut responsable à l’EMA, a préconisé de renoncer à l’utilisation de vaccin lorsque des alternatives sont disponibles pour les plus jeunes. Le gouvernement roumain a été le premier à lancer sa campagne de vaccination auprès des mineurs. La ministre de la Santé espagnole, Carolina Darias, a annoncé vouloir vacciner les 12-17 ans contre le Covid-19 avant la prochaine rentrée scolaire de septembre. La France a annoncé permettre la vaccination des 12-18 ans dès le 15 juin. L’Italie quant à elle, a validé la vaccination à partir de 12 ans, tout en restreignant l’utilisation du vaccin AstraZeneca à la suite d’un décès d’une jeune fille de 18 ans qui a suscité l’émoi sur le territoire italien.

L’exemple de l’Allemagne

La vaccination des mineurs de plus de 12 ans en Allemagne a été annoncée en début juin 2021 par Angela Merkel, après un long débat, sous réserve de l’autorisation du régulateur européen. Elle annonce même que tous les mineurs de plus de 12 ans auront reçu la première dose dans le courant de l’été 2021. L’annonce effectuée par l’EMA avait été très attendue par le pays, voulant avant tout protéger les parents et la population dans son ensemble. Les mineurs pourront, après obtention d’un rendez-vous, être vaccinés, et ce seulement après la fin de la priorité aux plus âgés du pays, aux malades chroniques et aux professionnels exposés. Le gouvernement allemand comptait disposer de près de 6,4 millions de doses pour vacciner les mineurs, sans rendre obligatoire leur vaccination. La commission vaccinale allemande avait étudié le sujet avec minutie. Vu le peu de vaccins en la possession européenne, et la validation des vaccins autorisés, la commission se voulait prudente avec les doses qui pourraient être utilisées et de fait le nombre de rendez-vous maximum pouvant être pris et le manque de données sur les risques d’effets secondaires du vaccin sur les plus jeunes. La commission avait proposé de vacciner les jeunes les plus fragiles, même si cette proposition a reçu écho négatif auprès des responsables régionaux. Pour eux, la transmission du virus est plus rapide et les jeunes peuvent s’infecter et la transmettre provoquant une nouvelle vague de contamination à travers le pays, il est donc important de permettre leur vaccination. Actuellement la campagne de vaccination des plus de 12 ans s’est intensifiée.

La France : la reine des autorisations

Depuis le 15 juin en France, les mineurs âgés de 12 à 17 ans peuvent se faire vacciner. Le comité consultatif national d’éthique (CCNE) estimait dans un avis que la vaccination des adolescents de 12-16 ans était « envisageable » mais attirait toutefois l’attention sur le fait que ces derniers n’en tireront qu’un bénéfice individuel « limité pour la santé physique », et regrette par ailleurs que les décisions relatives à leur vaccination aient été prises si rapidement. La Haute autorité de Santé a publié des recommandations pour la vaccination. Les jeunes français sont impatients d’être vaccinés, et les plateformes de prises de rendez-vous sont un véritable succès en France. Dans la pratique, pour les jeunes voulant se faire vacciner, une autorisation des parents est nécessaire. Un formulaire sur le site du ministère de la santé doit être rempli pour attester sur l’honneur l’accord des deux parents. Il a bien été rappelé que la vaccination des mineurs est sur la base du volontarisme, et gratuite. Il n’est pas conseillé aux jeunes ayant développé des symptômes suite à une infection à la Covid-19.

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