« Oh antica Repubblica » : histoire du drapeau de Saint-Marin

, par Alexis Vannier

« Oh antica Repubblica » : histoire du drapeau de Saint-Marin
Source Pxfuel

“Ô Antique République” : le 3 septembre, la République sérénissime de Saint-Marin, de son vrai nom, fête sa fondation en l’an 301. Sa Constitution actuelle, adoptée en 1600, fait d’elle le plus vieux texte fondateur d’un État et, de ce micro-État enclavé dans le centre de l’Italie, la plus ancienne République au monde. De quoi imposer malgré sa superficie grande comme trois pommes. Elle est dirigée par un duo de capitaines-régents, tous deux chefs de l’État, nommés généralement pour une période de six mois.

Un drapeau presque aussi vieux que le pays

Il semblerait que la première bannière de la Sérénissime (pas Venise, l’autre) date de 1465, à la faveur, deux ans plus tôt, de victoires militaires ayant conduit à certains gains territoriaux. On a ainsi retrouvé des traces d’une commande passée dans une manufacture de Florence pour confectionner un drapeau à la petite république, située à 130km. Il comportait alors trois bandes horizontales orange, blanche et bordeaux ornées de l’ancien blason de la cité saint-marinaise, qui date du XIVème siècle. En 1797, le souffle révolutionnaire parti de France conquiert le continent et la cocarde comme symbole de lutte contre les privilèges s’exporte. Le Grand conseil général, l’organe législatif de la petite république, adopte alors le bleu ciel et le blanc comme couleurs officielles. Napoléon Ier, dans sa conquête de la péninsule italienne, fera d’ailleurs le choix d’épargner Saint-Marin, fasciné par l’attachement de ce confetti à son indépendance et la longévité de cette dernière. Alors que ses voisins toscans, siciliens, pontificaux ou génois se réunissent pour former l’Italie, Saint-Marin maintient son autonomie et en profite, en 1862, pour adopter officiellement son drapeau bleu et blanc orné de l’emblème de la République et signer, avec son nouveau voisin unifié, un traité d’amitié. Finalement, en 2011, deux ans avant le référendum manqué sur le processus d’adhésion à l’Union européenne, le gouvernement saint-marinais procède à une légère retouche notamment des armoiries (le dessin devient plus clair et plus net).

Liberté !

Bleu azur pour le ciel tranquille qui couvre Saint-Marin, et blanc pour la liberté qui guide l’action de ses habitants, dans un mélange harmonieux de paix. Voilà comment les couleurs du drapeau peuvent être analysées. Les armoiries quant à elles, sont un condensé d’éléments géographiques et politiques illustrant le pays sous certaines de ses facettes les plus symboliques. Le blason prend la forme d’un cœur illustrant l’attachement des habitants aux valeurs nationales. Au centre de celui-ci, on retrouve les trois sommets du Mont Titano, emblématique de la Sérénissime République, couronnés des trois tours blanches représentant les trois châteaux (Guaita, Cesta et Montale) qui défendaient la capitale éponyme du petit territoire. Elles sont elles-mêmes surplombées par trois plumes d’autruche en guise de panache. La branche de laurier à senestre a l’air de porter ses fruits puisqu’elle représente la stabilité de la quadricentenaire République, alors que la branche de chêne à dextre symbolise la défense de la liberté, chère au cœur des Saint-marinais. La couronne, traditionnellement rattachée à la monarchie, évoque ici la souveraineté du peuple. Enfin, l’inscription « LIBERTAS » en bas, rappelle que le micro-État a été un refuge pour de nombreux exilés politiques tout au long de son histoire, c’est sur le Mont Titano que Giuseppe Garibaldi, héros de la réunification italienne, se réfugie en 1849, y obtenant d’ailleurs la nationalité saint-marinaise. Libertas est la devise officielle de la petite République. Le drapeau civil, utilisé par les citoyens, ne comporte pas les armoiries. Celui-ci ressemble alors beaucoup au drapeau bleu et blanc de la Bavière, dans sa version à bandes horizontales.

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