Sandro Gozi : Pour une politique européenne transnationale !

, par Laura Mercier

Sandro Gozi : Pour une politique européenne transnationale !
CC Pexels / Alex Mihis

Dans son livre «  Génération Erasmus  », le secrétaire d’état italien chargé des affaires européennes, Sandro Gozi, revient sur de nombreuses failles qui ont plongé l’Union européenne dans la crise qu’elle connaît actuellement, mais surtout, il propose des solutions concrètes et inspirantes. Focus sur l’une d’entre elles  : une politique européenne transnationale.

Déficit démocratique

Actuellement, la politique au niveau européen repose sur ce que Sandro Gozi appelle des «  confédérations des partis nationaux  ». Ce sont des organisations dont les membres sont des partis nationaux et des personnes. C’est donc en tant que membre de partis nationaux, que les députés se présentent aux élections européennes, bien que leur parti soit associé à un groupe politique européen. Ces confédérations rassemblent des partis qui se rejoignent sur des valeurs et des principes.

Lors des dernières élections européennes, les français ont élu 74 députés européens. 74 sur 751 députés européens… Mais une fois au Parlement européen, les 74 députés français ne représentent pas et ne prennent pas position seulement pour les citoyens français  : leur vote a une portée plus large, ils représentent tous les citoyens européens. Pourtant, ils n’ont pas été élus par les électeurs espagnols, bulgares et estoniens… tout comme les députés européens qui sont allemands, irlandais ou danois n’ont pas été élus par les électeurs français, et pourtant ils les représentent en siégeant au Parlement européen, l’institution européenne qui devrait émaner directement des citoyens européens.

Pour des listes transnationales  !

Dans son ouvrage, Sandro Gozi écrit «  Si nous pouvions imaginer un futur pour l’Europe, mon désir serait d’arriver le plus rapidement possible à la constitution de forces politiques transnationales.   ». Nous pouvons et nous voulons imaginer un futur pour l’Europe  !

Les prochaines élections européennes auront lieu en 2019, il est donc temps de reconfigurer l’espace politique européen. A ces élections, les citoyens européens devront se voir proposé plusieurs listes transnationales, composées de candidats de plusieurs états membres. Pourquoi  ? Pour renforcer la dimension européenne des élections. Ces listes transnationales européennes permettront le développement d’une véritable sphère publique européenne, où le débat politique dépassera les questions nationales qui sont trop souvent au centre des débats, et favorisera une meilleure visibilité et lisibilité des enjeux européens, pour les citoyens. C’est un des enjeux majeurs pour l’Union européenne  : rapprocher les institutions et les députés européens des citoyens, briser cette distance qu’on lui reproche.

Sandro Gozi défend également cette réforme afin de créer un véritable état d’esprit européen entre les européens : «  si un démocrate italien continue de considérer comme un étranger un social-démocrate allemand, comment pouvons-nous créer un sentiment commun entre nous  ?  »

Un cycle de primaires pour la nomination des candidats à la présidence de la Commission européenne

Les élections européennes de 2014 ont tout de même été le signe d’une avancée démocratique  : les groupes politiques européens ont désigné, en amont des élections européennes, des candidats à la présidence de la Commission européenne. A l’issue des élections, le groupe politique majoritaire, le PPE (Parti populaire européen), a donc vu son candidat, Jean Claude Juncker accéder à la tête de la Commission. L’intérêt de ce qui est désormais appelé le «  Spitzenkandidat  » (tête de liste) était de développer le système démocratique européen, en donnant aux électeurs la possibilité de choisir entre différents groupes politiques, incarnés par des personnalités européennes.

Ce même processus devrait être appliqué aux élections de 2019. Mais Sandro Gozi y voit une faille et invite à un approfondissement démocratique de ce système «  Une proposition intéressante serait de lancer au niveau européen, un cycle de primaires qui précéderait la nomination du candidat. En France, en Italie, en Allemagne, et dans tous les pays, les sympathisants et électeurs des socialistes, des conservateurs, des libéraux démocrates, iraient voter pour choisir leur propre leader pour les élections successives.   » Concrètement, ces primaires permettront d’impliquer les militants dans le processus de décision du candidat du groupe politique européen, tel un véritable parti. Ces primaires rassembleront des militants de tous les pays, les inciteront à débattre ensemble sur des questions européennes. De plus, une fois le candidat élu par son parti, celui-ci bénéficiera déjà d’un soutien populaire – un soutien quasi absent jusqu’à présent. Et enfin, le Président de la Commission européenne ne sera pas seulement issu de son groupe politique, mais jouira d’une légitimité démocratique plus large, et pourra compter sur une proximité avec les électeurs européens.

Une union plus européenne et plus démocratique, c’est une première étape pour sortir l’Union européenne de la crise qu’elle connaît, et c’est un passage indispensable pour relancer l’Europe.

L’Union européenne a besoin d’idées neuves et de véritables changements. Sandro Gozi en propose et vous les explique dans son ouvrage, «  Génération Erasmus  ». Bonne lecture  !

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